Tu t’appelles FRANCOIS

La famille c’est là où la vie commence et où l’amour ne finit jamais 

Chapitre 1

Bernard FRANÇOIS

À vous, ma famille

Si j’ai décidé d’écrire ce récit, c’est d’abord pour vous. Pour que vous sachiez d’où je viens, ce qui m’a construit, ce qui m’a façonné. Pour que vous compreniez les choix que j’ai faits, les chemins que j’ai pris, les émotions qui m’ont traversé. Pour que rien ne se perde. Pour que tout ce que j’ai vécu puisse vous accompagner, vous éclairer peut-être, ou simplement vous toucher.

Ce premier chapitre est le socle. Il raconte mes débuts, mes premières sensations, mes premiers repères. Il raconte l’enfant que j’ai été, celui que vous n’avez pas connu, mais qui a fait l’homme que vous connaissez aujourd’hui.

Mes premières années : un monde simple, mais fondateur

Je suis né dans un environnement modeste, où l’on ne parlait pas beaucoup, mais où l’on aimait profondément. La maison n’était pas grande, mais elle était pleine de vie. Le village n’était pas riche, mais il était riche de liens, de regards, de gestes qui comptent.

Je me souviens des odeurs de cuisine, des bruits du matin, des voix familières. Je me souviens de la lumière qui entrait par la fenêtre, des saisons qui rythmaient nos journées, des habitudes qui donnaient une structure à notre existence.

C’était un monde simple, mais c’est dans ce monde que j’ai appris l’essentiel.

Le village : un théâtre miniature

Delme Fontoy et Viviers ont été mes premiers horizons. Des lieux où tout le monde se connaissait, où chaque visage racontait une histoire, où chaque maison avait sa mémoire.

Les rues, les façades, les commerces, les fêtes du village… Tout cela formait un décor qui, sans que je m’en rende compte, m’a donné le sens du collectif, de la communauté, de l’appartenance.

Avec le recul, je comprends que la vie se tisse dans les détails, dans les rencontres, dans ces petites choses qui semblent anodines mais qui, plus tard, deviennent essentielles.

Mes parents : une présence fondatrice

Je parle longuement de ma mère et de mon père dans la page La Famille, où je dresse leur portrait.

Ici, je veux simplement évoquer leur présence dans mon enfance, car elle est au cœur de ce premier chapitre.

Ils étaient là, chacun avec sa manière d’être, ses gestes, ses silences. Ils formaient un cadre, un équilibre, une base solide sur laquelle j’ai grandi — sans que j’en mesure alors toute l’importance.

Les dimanches de cinéma : ma première fenêtre sur le monde

S’il y a un rituel qui a marqué mon enfance, ce sont les séances de cinéma du dimanche après-midi, à la salle Saint-Germain. Les jeunes du village organisaient ces projections, et pour moi, c’était un moment sacré.

J’y ai découvert des mondes que je ne soupçonnais pas : Autant en emporte le vent, Ben-Hur, et surtout Un homme et une femme, Palme d’or en 1966. J’avais dix ans. Je ne savais pas encore que ce film serait le premier fil d’une longue série de coïncidences qui, plus tard, me ramèneraient à Claude Lelouch.

Ces dimanches ont nourri ma sensibilité, éveillé mon imagination, ouvert des portes que je n’avais pas encore conscience de franchir.

Un souvenir fondateur

l y a, dans chaque enfance, des moments qui restent gravés plus profondément que les autres. Des instants qui, sans qu’on le sache, deviennent des repères, des points d’ancrage, des sources d’inspiration.

Pour moi, ces moments sont liés à la chaleur du foyer, aux gestes de mes parents, aux lumières du cinéma, aux voix du village. Ils sont les premières pierres de mon parcours, celles qui donnent du sens à ce que je suis devenu.

Mes frères et nos années partagées

Ce sont mes frères. Tout au long de ce livre, j’aurai l’occasion de les évoquer, avec leurs qualités, leurs défauts, et nos histoires croisées.

Nous avons, tous les six — mes frères, mes parents et moi — contribué à façonner ce que sont devenues nos vies. Liés intimement durant tant d’années, comme les doigts de la main.

Les voyages, les hivers, les souvenirs

Comment clore ce chapitre sans repenser à ces jeudis d’hiver où, coûte que coûte, nous allions tous ensemble skier dans les Vosges ou les Alpes ? Ou à ces voyages en Autriche, en Italie, au bord du Rhin, en Alsace, en Forêt-Noire, au Luxembourg. Et bien sûr, à nos inoubliables vacances en Belgique.

La dernière photo que je possède de mon père date justement de ces vacances-là. On le voit, songeur, regardant la mer. À ses côtés, Caroline, la fille de René, encore petite.

À quoi pensait-il ce jour-là ? À cette fatigue qui le déstabilisait un peu plus chaque jour ? À cette maladie qui le rongeait lentement ? Ou simplement à ces vagues qui déferlaient sur le sable… comme elles le font encore aujourd’hui.

La dernière photo de mon Père
A quoi pensait il ?

Une jeunesse tissée de liens

Nous avons eu une belle jeunesse. Nous ne nous en rendions pas toujours compte, bien sûr. Élever quatre garçons tout en tenant un commerce, comme je le disais parfois en souriant à Yvette, c’était un sacré investissement…

Mais quels liens cela a tissés entre nous ! Un regard, un geste suffisait, nous nous comprenions.

Je souhaite sincèrement à chacun de connaître un jour cette complicité si précieuse, cette joie de partager, d’être ensemble.

Alors merci à eux. Merci à mes parents, merci à mes frères, de m’avoir fait connaître ces sentiments-là, qui m’habitent encore aujourd’hui.